Marie-des-Neiges

 »-. Le sanatorium de Tablada s’élevait à une cinquantaine de kilomètres de Madrid, en bordure de la route de la Sierra, chaîne de près de deux mille cinq cents mètres d’altitude, qui chasse vers les rues de la capitale toute proche ses ☁️ et ses tempêtes de neige. Cet hiver-là, la neige était descendue très bas sur les pentes, et les bandes de 🐺 traqués par la faim ravageaient les parcs à troupeaux.

30x30cm « Notre-Dame-Des-Douleurs »

Nièves portait le nom de Marie-des-neiges comme d’autres portent le nom de Marie de la Consolation, ou Marie des Douleurs. Elle n’était pas en traitement au sanatorium lui-même, qui paraissait des plus modestes. Devant moi, à perte de vue, s’étendait un paysage de désespoir, pire que les paysages éternels dont j’avais appris à connaître ailleurs le pouvoir de désolation. En face du clocheton et des mornes toitures d’ardoises du sanatorium-monastère, un immense marais sibérien, une toundra à peine délivrée par le dégel, et où la fonte des neiges avait laissé, baignant, les massifs de mousses spongieuses. Des flaques noires de mer polaire se développaient vers le sud. Jamais je n’avais compris, comme je le fis du haut de ce belvédère de la Sierra, que la cité castillane, malgré ses blocs et ses gratte-ciels, reste un bourg de 🗻, né du rocher, habitué au châtiment du vent, de l’hiver, de la misère. Et qu’aucune souffrance ne peut rien contre son grain rude et sa résignation. » Joseph Peyré (Sang et lumière)

2 réflexions sur “Marie-des-Neiges

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