Hallucinations

 »-. Ce monde qu’il découvrait, c’était un monde d’une grandiose, d’une incomparable beauté. Il ne ressemblait en rien de ce que Philip avait jamais vu, de ce qu’il n’avait jamais pu lire, ou rêver. On eût dit une vision de la jeunesse du monde, alors que la terre était encore informe et vide. Entre des crevasses et des rocs jaillissaient de gigantesques geysers de vapeur. Et dans la boue s’empilaient les traces d’animaux tortueux. Dans ce crépuscule d’un rouge blafard, on pensait aux héros monstrueux de quelque histoire fantastique.

Puis, lentement, le décor changea. Les masses rocheuses firent place à un désert balayé par le vent et, comme un mirage, la ville interdite et abandonnée, la légendaire Irem, apparut. Philips eut le sentiment que, si nul pied humain ne foulait plus les rues de cette cité, certains êtres redoutables y étaient restés, tapis derrière les antiques colonnes de pierre des édifices qui n’étaient pas en ruines. Très loin, à l’horizon de la ville, après le désert, s’élevaient des 🗻 couronnées de neige. À leur vue, Philip connut aussitôt les noms nécessaires. La cité du désert était la Ville sans nom, et les pics neigeux, les Montagnes Hallucinées. Ces noms s’imposaient instantanément, comme s’ils avaient toujours traîné au bord de son inconscient, attendant d’être appelés. » August Derleth Lovecraft (La fenêtre à pignon)

44x57cm « Civilisation perdue »

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