Tu me casses les pieds !

 »-. Tu te mets trop de rouge. –. Trop ? Ça ne te plaît pas, regarde.- Et, lui tirant le mouchoir de la poche, elle effaçait les derniers vestiges du fard. Elle se remaquillait avec des gestes lents et harmonieux, pendant que son parfum s’alourdissait autour de nous. Puis, elle se dressait d’un bond. En se dressant elle frôlait mon père de la hanche, ou le balayait d’une envolée de jupe. Elle avait un besoin constant d’être près de lui, contre lui. Elle épiait sur son visage les marques d’un désir qu’elle prenait pour de l’amour. Elle triomphait au moindre chevrotement de sa voix, au moindre frisson de ses joues.

50x60cm « Thillingast« , d’après l’oeuvre de Lovecraft, galerie Femmes, Femmes, Femmes

Elle s’appliquait, nerveuse, opiniâtre. Si mon père lisait un journal, elle rôdait autour de lui, inquiète de ce détachement. Elle remuait des objets, toussotait, chantonnant pour attirer son attention. Et lorsqu’il levait les yeux, elle multipliait les moues et les oeillades, faisait jouer son corps grêle qui s’étirait, se pliait, se roulait sous la 👗, exhalait de moites senteurs, offrait à portée de ✋ de quoi tirer mon père de sa lecture. S’il parlait d’aller rendre visite à des amis, elle avançait une lippe boudeuse. -. Moi, je n’irai pas chez Ménard. -. Pourquoi ?-. Il a l’air d’un gros 🐒 malsain, et il tourne autour de moi...-. Tu dis des bêtises-. » Henri Troyat (Faux jour)

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