Les femmes de marins

 »-. Les femmes laissées à terre, là-bas, si loin, si petites, deviennent des géantes dans le souvenir des hommes. Toutes belles. Toutes ardentes. Toutes aimantes. Non pas les femmes honnêtes, promises ou épouses, qu’on ne peut imaginer autrement que brodant un trousseau, torchant un moutard ou récitant un chapelet. Celles-là, qui n’excitent guère de passions, n’ont pas grand droit de cité dans les rêveries et les vantardises des bancs de quart. Mais les autres.

40x40cm « La belle que voilà », acrylique et collages, galerie Femmes, Femmes, Femmes

Les luronnes d’un soir ou d’une escale, les filles galantes, les jolies serveuses, les catins de grande renommée, les Rosa, les Marion, les Nini, belles, hardies comme des figures de proue, avec des croupes tout en roulis et en tangage sous les jupons légers, avec des bouches humides et des bras ronds. Et des rires qui leur gonflent, qui leur soulèvent les seins à faire péter les devantiers. Celles-là dont les hommes ne parlent qu’en se frappant la cuisse du plat de la ✋, heureux soudain, au milieu de l’océan, pour un grain de beauté ou un tour de rein partagé, grivois et pudiques à la fois, si fraternels d’avoir servi dans le même corps, pris le même plaisir ou la même vérole.’‘ Geneviève Dormann (Le bal du Dodo)

5 réflexions sur “Les femmes de marins

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