La musique des rues de Paris

 »-. Enfant, sous la Troisième, j’habitais au quatrième une 🏠 du dix-neuvième. L’eau était sur le palier, parfois le gaz était coupé et souvent les encaisseurs de la Semeuse cognaient à la porte en tripotant leur petit encrier, mais il y avait toujours, dans la rue ou dans la cour, quelqu’un qui faisait de la musique, quelqu’un qui chantait. C’était beau. Des fenêtres s’ouvraient, une grêle de sous enrobés de papier giclait, dansait sur le pavé.

30x40cm « Mam’zelle chanteuse des rues« , galerie Z’Artistes, collection privée

Bien sûr, depuis longtemps, comme la Grande Armée, l’ Opéra avait son avenue, mais la chanson avait pour elle toutes les rues, les plus amoureuses, les plus radieuses, comme les plus démantelées, les plus scabreuses et les plus déshéritées, comme les plus marrantes, les plus éclatantes de gaité. Aujourd’hui, les chanteurs de rue sont interdits de séjour, mais un peu partout, oasis de pierre tenace et de bois vermoulu, d’🐦 des villes et de fleurs urbicoles, se dressent encore, intacts, les très somptueux décors de la féerie des rues. Et comme le cri des cœurs tracés au 🔪 sur les murs, avec entrelacés les prénoms de l’amour, le chant secret des rues se fait entendre en chœur, comme au plus beau de tous les anciens jours. » Jacques Prévert (Enfant sous la Troisième)

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