La petite grande musique de Wagner

 »-. Je viens d’entendre, l’autre jour, toujours comme si c’était la première fois, l’ouverture des Maîtres Chanteurs, de Wagner. C’est un art somptueux, surchargé, lourd et tardif, qui a l’orgueil de supposer chez ceux qui veulent le comprendre deux siècles de musique encore vivants. Il est tout à l’honneur des Allemands qu’un tel orgueil se soit trouvé justifié. Que de sèves et de forces, que de siècles et de climats se mêlent dans cette musique !

50x50cm « Le vaisseau fantôme« , galerie Z’Artistes

Tantôt elle nous semble surannée et étrangère, tantôt âpre et d’une extrême jeunesse. Aussi capricieuse que pompeusement traditionnelle, assez souvent malicieuse, plus souvent encore rude et grossière. Elle a du 🔥 et de l’audace, et montre en même temps la pelure flasque et jaunie des fruits qui ont mûri trop tard. Elle roule un flot large et plein, et soudain vient un instant d’inexplicable hésitation, un brusque hiatus qui nous accable de rêves, comme sous le poids d’un cauchemar. Mais déjà s’élargit et s’amplifie de nouveau le fleuve de nos joies, fait d’une prodigieuse variété de jouissances, de bonheur ancien et nouveau. Sans oublier le plaisir que l’artiste prend à s’écouter, dont il ne veut pas faire mystère. » Nietzsche (Par delà le Bien et le Mal)

3 réflexions sur “La petite grande musique de Wagner

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