À quatre ✋ et deux pinceaux

Cette élève de L’Atelier de peinture du Jeudi y a débuté une nouvelle oeuvre, qui ne lui plaît guère. Il faut dire que son paysage, de dimensions sans doute trop riquiqui, manque d’ampleur et d’envergure. Pour y remédier, mon amie Josette a très fortement joué du pinceau, les troncs d ‘🌲s’inscrivent sur la toile tels des piquets qui s’élancent vers le ciel, d’un marron agressif. Que faire ? Je lui suggère d’adoucir son propos par un glacis, puis de reprendre la végétation, en tapotant à l’éponge par exemple, pour un tableau plus nuancé.

Mon élève n’est pas convaincue. J’ai beau lui expliquer que l’on n’abandonne pas une toile en déroute, sans essayer de l’améliorer, ce serait une désertion artistique. Rien n’y fait, la toile est laissée pour compte, c’est-à-dire remise entre mes ✋. Son premier tracé étant trop présent, trop appuyé, trop sombre, qu’en faire ? Le support, même recouvert d’un nouveau fond, ne serait guère exploitable en l’état. Je décide donc de tirer parti de l’existant. Un glacis couleur amande en atténue les contours et la virulence, il ne reste plus qu’à laisser jouer mon imagination. À, par exemple, imaginer un paysage en bord de rive, en y intégrant lesdits troncs d’🌲.

40x50cm « A quatre mains« , galerie Faussaire

Mon conseil. -. Présenté à sa légitime propriétaire, le tableau, après deux bonnes heures de cache-cache et surtout de cache-misère, avait bien changé… Qu’en a-t-elle pensé ? À vrai dire, mon élève ne l’a pas reconnu. Seul son titre porte encore témoignage d’une tentative ratée… -. J’insiste toujours, avec plus ou moins de succès, pour que mes élèves persistent et cherchent des solutions pour  »sauver » un tableau qui, par ailleurs, semble voué à l’échec. Pour lui conserver sa dignité, pour faire réfléchir et trouver des solutions. Et surtout pour ne pas baisser les bras devant la première difficulté. -. Débutants, attention aux couleurs trop foncées, aux traits trop appuyés, au travail sans nuance ni réflexion préalable. Sauf intention contraire, à condition de n’être pas débutant… le pinceau n’est pas une truelle, il caresse la toile, il ne l’agresse pas...

4 réflexions sur “À quatre ✋ et deux pinceaux

  1. Un tableau est un interlocuteur, c’est ce que je dis à mes élèves, la question à se poser c’est qu’est ce qu’il dit ? et ensuite est ce que je suis sourd ? La peinture c’est souvent une question d’écoute faut pas se focaliser seulement sur ce qu’on voit. Evidemment on me prend pour un original mais bon … je ne suis plus à ça près.

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  2. Très beau rattrapage… je l’aime plutôt bien ce tableau! Et je suis d’accord avec toi : il ne faut pas abandonner une création commencée, on peut toujours trouver un moyen de se reprendre et ce qui est valable en peinture est aussi valable en couture, en dessin, en travaux manuels …
    Merci pour tes bons conseils !
    Bonne soirée

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  3. Ne pas abandonner, persévérer malgré l’erreur initiale, je ne sais pas, cela se discute certainement. Je trouve l’oeuvre exposée ici, en difficulté certaine, même si à droite un chemin semble s’ouvrir, il reste illusoire. La haie d’arbres fait toujours barrière et les taches de lumière au premier plan sont un appel maladroit à la noyade. Néanmoins tenter de rattraper une tentative artistique avortée est sans doute une leçon de vie. Quand les cartes sont distribuées, on ne peut revenir en arrière. C’est un fait.

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