Ferrovière poésie

 »-. Les trains de banlieue, les gares de triage, les rames qui se tamponnent au saut-de-mouton, les rails en éventail, les épis des aiguillages, les sémaphores et les signaux qu’un déclic fait pivoter, changer de couleur, face et profil, les miradors haut perchés des aiguilleurs que l’on voit manoeuvrer leurs leviers bien astiqués un chiffon à la ✋, les locomotives qui charbonnent ou font leur plein d’eau, les lampistes qui circulent entre les voies comme des 🐜 au fond d’une tranchée, tous ces travaux et murs de soutènement, les terrassements, les ponts, les tunnels, les viaducs qui ont transformé la configuration, le relief et le paysage parisiens, nous n’étions jamais las de les contempler.

40x40cm  » Le Train jaune »

Nous traînions aux abords de tous les chantiers dont l’activité n’avait pas de cesse. Les jours de pluie, nous allions voir tout ça à la Chapelle, au Bourget, aux Batignolles, plaine Saint Denis, à Clichy comme à Pantin où l’immense traffic des marchandises est coincé entre les cimetières, Gare de Lyon et Gare d’Orsay toujours embouteillées, Gares de la Douane, de la Rapée, de Nicolaï, de Bercy-Conflans. À Charenton, à Ivry, les magasins, les entrepôts, le tas de matériel, les quais d’embarquement, les grues, les gabarits, les quais à bestiaux des abattoirs… Mais notre point de prédilection était au pont d’Asnières, à cause des trains de banlieue qui y passent à raison d’un train par minute. » Blaise Cendrars

2 réflexions sur “Ferrovière poésie

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