Carnage

-. Je me sentis divinement bien et je partis dans le couloir. Des Allemands en uniforme et des hommes de la Gestapo apparurent soudain à un tournant, ils foncèrent vers moi en hurlant et je lâchai une rafale, je les vis tournoyer, les murs devinrent rouges et je commençai à descendre l’escalier. Tous, à présent, couraient affolés dans tous les sens, je me mis à tirer sans arrêt, m’émerveillant que mon arme fût parfaitement silencieuse, je fis un vrai carnage, je voyais les trous dans les ventres, les poitrines, les têtes se fracassaient. On applaudissait en criant –Bravo, Joseph, tuez-les tous-.

D’autres hommes sortirent des caves et je tournai le canon vers eux les arrosant à leur tour, ils s’écroulèrent comme des guignols lamentables et le sang coulait toujours, atteignant mes galoches. Je pataugeai dedans, m’éclaboussant jusqu’aux genoux. Je suffoquai d’horreur et me remis à vomir avant de tomber sur un monceau de cadavres. Je vis alors mon père qui vint vers moi du fond d’un tunnel, j’allais mourir étouffé dans le charnier et je fis un effort terrible pour parvenir à la surface, un effort si grand que je parvins à ouvrir les yeux. J’étais dans une chambre inconnue et le silence était total. Le plafond était brillant, comme laqué, et je pouvais voir mon reflet… C’était drôle, j’étais à la fois mort, et vivant dans une chambre de clinique. » Joseph Joffo (Un sac de billes)

Dimensions 50x40cm « Shoah« , galerie Chaos

4 réflexions sur “Carnage

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s