La barrière Poissonnière

 »-. Pieds nus, sans songer à remettre ses savates tombées, elle retourna s’accouder à la fenêtre, elle reprit son attente de la 🌃, interrogeant les trottoirs au loin. L’hôtel se trouvait sur le boulevard de la Chapelle à gauche de la barrière Poissonnière. C’était une masure de deux étages, peinte en rouge lié de vin jusqu’au second, avec des persiennes pourries par la pluie. Au-dessus d’une lanterne aux vitres étoilées, on parvenait à lire entre deux fenêtres -. Hôtel Boncoeur, tenu par Marsoullier-, en grandes lettres jaunes, dont la moisissure du plâtre avait emporté des morceaux.

40x50cm « Rêverie au balcon« , galerie Femmes, Femmes, Femmes

Gervaise, que la lanterne gênait, se haussait, son mouchoir sur les lèvres. Elle regardait à droite, du côté du boulevard Rochechouart, où des groupes de bouchers, devant les abattoirs, stationnaient en tabliers sanglants. Et le vent frais apportait une puanteur par moments, une odeur fauve de bêtes massacrées. Elle regardait à gauche, enfilant un long ruban d’avenue, s’arrêtant presque en face d’elle, à la masse blanche de l’hôpital Lariboisière, alors en construction. Lentement, d’un bout à l’autre de l’horizon, elle suivait le mur de l’octroi, derrière lequel, la 🌃, elle entendait parfois des cris d’assassinés. Et elle fouillait les angles écartés, les coins sombres, noirs d’humidité et d’ordure, avec la peur d’y découvrir le corps de Lantier, le ventre troué de coups de 🗡️. » Émile Zola (L’Assommoir)

6 réflexions sur “La barrière Poissonnière

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s