Retour par le métro Marcadet-Poissonniers

30x40cm « Métro-boulot-dodo« , collection privée

 »-. Marcadet -Poissonniers-. Trois ans plus tôt, j’ai pris le métro par un beau soir pour la gare d’Austerlitz, aujourd’hui je reviens. La rue est la même, il y a toujours ce ciel métallique entre les gouttières des toits, il y a cette odeur qui flotte et qui est celle de Paris au matin lorsque le vent remue un peu les feuilles des 🌲 rares. J’ai toujours ma musette, je la porte avec plus de facilité qu’autrefois, j’ai grandi. Mémé Epstein n’est plus là. La chaise paillée dans le renfoncement de la porte a disparu. Le restaurant Goldenberg est fermé. Combien sommes-nous à revenir ?

. Joffo coiffeur-. Les mêmes lettres bien écrites, pleines et déliées. Derrière la vitrine, malgré les reflets, j’aperçois Albert, il coiffe. Derrière lui, Henri manie le balai. J’ai déjà vu Maman. J’ai vu aussi que papa n’était plus là. J’ai compris qu’il n’y serait jamais plus… C’en était fini des belles histoires contées le soir à la lueur verte de l’abat-jour. Finalement, Hitler aura été plus cruel que le tsar. Henri me regarde, je vois ses lèvres s’agiter, Albert, Maman se tournent vers la rue, ils disent des mots que je ne puis entendre à travers la vitre. Je me vois dans la vitrine avec ma musette. C’est vrai, j’ai grandi. » Joseph Joffo (Un sac de billes)

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