Douce nuit, sainte nuit

 »-. Douce nuit, sainte nuit, Tout est calme, l’enfant rit-. Les chants montaient avec ferveur sous les étoiles. Tremblantes d’émotion, les voix des hommes s’étonnaient elles-mêmes d’être mélodieuses. Elles échappaient aux cris, cris des ordres, cris de peur, cris de douleur. Elles faisaient taire tous les bruits métalliques, fusillades, canonnades, mitraillages. Elles avaient subitement vaincu la guerre et, fragiles, mal assurées, elles n’arrivaient pas à croire que, devenant musique, elles avaient cette autorité.

25x25cm  »Drue, tombe la neige »

Elles déployaient leurs harmonies entre les deux camps. Mais, par le miracle pacificateur de la musique et du nombre, les Holy Night, Stille Nacht et Douce Nuit se fondaient en une seule phrase, harmonique, palpitante, déchirante, qui célébrait Noël. Le ciel était froid, la terre gelée, mais les hommes se réchauffaient à l’hymne. Une ferveur toute différente, presque féminine, s’exaltait dans ces poitrines viriles, le chant s’arrondissait, les timbres s’enivraient de leur sensualité, le souffle se nourrissait de lui-même en tenues longues, aériennes, flottantes. Et, derrière ces sons graves, sous le chœur des soldats poilus et crottés, on entendait soudain un chœur d’enfants. » Eric-Emmanuel Schimtt (La part de l’autre)

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