La Grande Grève

 »-. Pour la première fois, le peuple se retrouva à la tête d’assez d’argent pour satisfaire ses besoins fondamentaux et se payer l’un ou l’autre de ces objets qu’il convoitait depuis toujours. Mais il ne pouvait le faire, le désapprovisionnement avait commencé, en passe de devenir un véritable cauchemar collectif. Les femmes se levaient aux aurores pour prendre leur tour dans d’interminables files d’attente, et parvenir à acheter un 🐔 étique, une demi-douzaine de couches pour bébé ou du papier hygiénique. Le cirage à chaussures, les aiguilles, le café devinrent des denrées de luxe dont on se faisait 🎁 dans un emballage de papier fantaisie, lors des anniversaires.

Firent leur apparition des professionnels de la file d’attente qui, moyennant une somme modique, vous gardaient votre tour. Des marchands de 🍬 qui profitaient des attroupements pour placer leurs marchandises. Sans compter ceux qui louaient des couvertures pour les queues nocturnes. Le marché noir fit florès. Jusqu’aux enfants qui trafiquaient dans les cours d’école. Cet accaparement panique d’articles et de denrées étaient à l’origine de bien des quiproquos. Et l’on voyait des non-fumeurs payer n’importe quel prix pour un paquet de cigarettes, ou des gens sans enfants se chamailler autour d’un petit pot d’aliment pour nourrisson. Au bout de huit jours, il devint évident que le mouvement n’était pas d’ordre professionnel, mais bien politique. » Isabel Allende (La 🏡 des esprits)

50x70cm « Révolution« , vendu

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