Chez Ben

 »-. Madeleine aimait bien Ben, sans savoir au juste pourquoi. Il était crasseux, amoral, son langage était grossier, et il inspirait plutôt la pitié, comme un jeune frère dont on aurait honte. En le cherchant la veille, elle avait dû parcourir, le ventre noué par l’angoisse, un dédale de cours puantes et de taudis infâmes. Les enfants y grouillaient comme des rats, des enfants aux visages tirés, gris, tuberculeux, déformés. Contre un demi-penny, une vieille femme lui avait indiqué où le trouver. Dans La femme du Monde, les pauvres sont soit des gens avec une bonne nature, qui s’accommodent de leur condition le mieux possible, soit d’affreux vauriens qui frappent à mort des innocents. Mais cette femme paraissait être à la fois meurtrière et d’une bonne nature.

50x60cm « Les quartiers nord », galerie La meilleure façon d’habiter

Le logement de Ben était à peine plus grand qu’un placard. Les murs s’effritaient, maculés par plusieurs générations de punaises écrasées. La petite fenêtre était bouchée par du carton, et l’air si fétide que Madeleine en eut le haut-le-coeur. Quand elle entra, Ben poussa son 💷 sous la paillasse et sauta sur ses pieds. Il était nu jusqu’à la taille, sa maigre poitrine couverte de croûtes luisantes. Elle devina les morsures de la vermine, les accès de grattage acharné qui les avaient suivies. -. Comment avait-il survécu à tout cela ?– » Michelle Paver (Jamaïca)

3 réflexions sur “Chez Ben

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