»PEINDRE, c’est dessiner » disait Cézanne

Aïe ! Me voilà en grande difficulté, moi qui admire tant Cézanne, sachant que dessiner n’est pas mon point fort. Non point que je ne sache pas, car, ✏️ en ✋, je me débrouille aussi bien que mes consoeurs et confrères. Mais, pardonnez-moi, mesdames et messieurs, je zappe souvent ce que je considère comme une perte de temps, sachant que mon tracé sera peu ou prou englobé dans une approche frontale et brutale de la peinture, au mieux par le pinceau qui caresse, au pire par le 🔪 qui griffe et mord. Je me contente donc, la plupart du temps, de fixer rapidement quelques points d’appui, une ligne d’horizon ou une fuite en perspective, le tout à la craie facilement effaçable, puis j’attaque par la couleur. Ouf, sauvée, au travail !

Ceci posé et expliqué, je lutte avec, et parfois contre, mes élèves pour gommer de leurs tentatives picturales tout essai de dessin trop académique. -. Je ne sais pas dessiner-, tel est le leitmotiv du débutant. -. Tu sais forcément dessiner, par contre, tu ne sais pas encore PEINDRE, c’est-à-dire apprendre le jeu de rôles de tes couleurs, leur impact sur ta composition, leur rendu sur ta toile-. À vrai dire, mes apprentis peintres ne me croient qu’à demi, jusqu’à toucher du doigt, par eux-mêmes, la relative facilité à exécuter un croquis succinct, puis la périlleuse aventure de le coloriser en mobilisant ses cinq sens plus sa créativité. Pour PEINDRE avec naturel en oubliant la théorie, se lancer dans une gamme chromatique cohérente ou farfelue, mais non moins agréable à l’oeil, il faut retrouver son âme d’enfant. Avec la jeune classe, pas de problème, on ne perd guère de temps en préliminaire, on empoigne l’ustensile, qu’il soit ✏️ ou pinceau, et on se lance, on gribouille, on pointille, on zigzague, on recouvre, on hachure, on se débrouille, bref on peint !

30x40m ‘‘Le village endormi’‘, collection privée. -. Un enfant de cinq ans sait d’instinct tracer cette scénette. Problème… nous n’avons plus cinq ans, à l’atelier comme dans la vraie vie !-

Mon conseil. -. Lâchez-vous. Peignez en adulte, avec une âme d’enfant, sérieusement mais sans vous prendre au sérieux. Oubliez l’académisme, les diktats, les grands principes et les modèles convenus. Ayez en tête le but de l’aventure, c’est-à-dire à dire la toile achevée qui, même si elle n’est pas un chef-d’œuvre digne des cimaises des musées, n’en est pas moins la vôtre, assumée, signée, et, pourquoi pas, exposée… dans votre salon ou dans celui d’autrui.

2 réflexions sur “ »PEINDRE, c’est dessiner » disait Cézanne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s