Sacrifices

 »-. Il existe une longue échelle de cruauté religieuse, avec de nombreux échelons. Mais il y en a trois principaux. Jadis, on sacrifiait à son Dieu des êtres humains. Peut-être ceux-là mêmes qu’on aimait le mieux. De là le sacrifice des premiers-nés dans toutes les religions primitives, et le sacrifice offert par l’empereur Tibère dans la grotte de Mithra à Capri, le plus affreux anachronisme de l’histoire romaine.

50x60cm « Le temple du soleil »

Plus tard, à l’époque morale de l’humanité, on sacrifiait à son Dieu ses instincts les plus forts, sa nature. C’est la joie solennelle qui brille dans le regard cruel de l’ascète. Ne fallait-il pas en venir à sacrifier toute consolation, toute sainteté, tout salut, toute espérance, toute foi en une harmonie cachée, en une béatitude et en une justice futures… Ne fallait-il pas sacrifier Dieu lui-même, par cruauté envers soi, adorer la pierre, la sottise, la pesanteur, le destin, le néant ? Sacrifier Dieu au néant, ce mystère paradoxal de suprême cruauté, était réservé à la génération présente, nous en savons tous quelque chose. » Nietzsche (Par delà le Bien et le Mal)

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