La saison d’innocence

À leur âge, on déniche les 🐦, on use ses sabots sur les mares gelées, on ornemente au canif des bâtons de coudrier, on galope de toutes ses forces d’un bout à l’autre de soi-même et s’il faut traverser seul quelque pan de 🌃, on siffle fort pour faire le brave. Mais en ce siècle-là, le dix-neuvième, les enfants des pauvres gens ne vivent pas longtemps leur saison d’innocence. À huit, dix ou douze ans, ils doivent assurer leur part d’ouvrage, à la 🏡 ou au-dehors, mettre leurs bras maigres dans des gestes trop grands pour eux, entasser des heures qui n’en finissent pas, avec, pour solde de tout compte, le répit et, quelle fierté ! un quignon frotté d’ail.

Ils ont huit, dix ou douze ans, on leur appuierait sur le nez qu’il en sortirait du lait, et trouvent tout naturel déjà de devoir faire l’ouvrier. C’est que la nécessité et la morale coïncident imparablement. On n’a rien sans travail, sans peine, sans mérite. Et les plus chanceux sont encore ceux qu’on met en apprentissage. –Un bon métier dans les ✋, on ne meurt pas de faim. Tu feras ceci, tu feras cela-. Et quand le père a dit, mieux vaut baisser la tête. » Barret– Gurgand ( Ils voyageaient la France)

2 réflexions sur “La saison d’innocence

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