La clé était dans la poche de Christine

La clé dans ma poche, c’est celle de l’atelier associatif que j’ouvre hebdomadairement aux apprentis-peintres et participants adultes de tous niveaux et provenance. Contrairement à eux, qui vont et viennent au gré de leur agenda -certains étant fort assidus-, je me dois d’être présente, disponible, à l’heure (ce qui ne m’est très difficile car l’on me surnomme Tic-tac), souriante quelles que soient les contrariétés dans ma vraie vie. Prête à encourager, corriger le mauvais tracé ou la gamme chromatique dissonante, proposer des sujets et des projets. Bref… Je me dois d’y être consensuelle, disciplinée, juste. Bref d’y posséder toutes les qualités, aïe ! Or je n’en ai qu’une seule, celle d’avoir dans ma poche la clé du local !

Carte blanche à Françoise, élève de l’Atelier du Jeudi –Je la prends en charge de A jusqu’à Z, car elle n’est pas autonome… Mais tout de même, bravo !-

Mon atelier privé, quant à lui, est ouvert aux quatre vents de la pagaille, la fantaisie, la désorganisation organisée, le travail dans la bonne humeur. Pas besoin de clé, ce qui ne signifie pas qu’on y entre à son gré. Seuls mes petits-enfants et quelques intimes y sont admis lorsque j’y travaille, c’est-à-dire souvent, trop souvent aux dires de mes proches. Là, j’expérimente des techniques salissantes, inédites, insolites et même impossibles. Des toiles de grandes dimensions. Des idées, des assemblages, des créations qui dépassent le cadre même de la peinture. -. Dis, Christine, et si tu organisais une journée  »portes ouvertes » dans ton atelier ? avec, dans la foulée, à la belle saison, une extension du style buvette, à ras de jardin…-. Impossible. Les lieux sont exigus, encombrés, et surtout, privés. Je tiens par-dessus tout à mon intimité et celle de ma famille, je cache alors la clé bien serrée au fond de ma poche. Mais toi, tu es une amie, une cliente. Entre, je t’offre une tasse de thé…-

Mon conseil. -. Vous l’aurez compris, là se pose le vrai problème, à savoir la séparation entre vie privée et vie publique. Sachant que l’activité d’artiste-peintre comporte les deux aspects, à doser savamment, PEINDRE en privé, montrer en public.

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