Dans Le Camp

 »-. À l’extrémité de la place d’appels délaissant les faisceaux convergents de deux miradors qui serraient la 🌃 avec brutalité, il s’arrêta près d’un groupe électrogène qui permettait à deux ampoules accrochées à un mât de diffuser une lumière jaune et triste. Devant eux, les cinq camions des Komandos venaient de s’arrêter en épi, et d’un seul mouvement, les conducteurs sautèrent sur le sol et rabattirent les ridelles à l’arrière. Un lamentable défilé commença alors au milieu des hurlements. Sous le froid faisceau de ses projecteurs, il put voir des files de créatures maigres en haillons verdâtres ou en blouses grises qui descendaient lentement des camions. Une fois à terre, il y avait un bref moment où elles vascillaient, écrasées, titubantes, certaines cassées en deux par l’énorme masse qu’elles portaient.

50x60cm  »Le goulag », galerie Chaos

-. Hilda !-. Une femme sans âge, à l’allure hommasse, aux cheveux gris tirés en arrière, se retourna et vint vers lui. Elle avait un registre à la ✋. En avant des prisonnières, en contre-jour par rapport à elles, comme deux ombres chinoises maléfiques, le chef de camp et la femme discutaient. Ils feuilletèrent l’un après l’autre le même cahier, et elle pointa le doigt sur une page. –722 ! 722, au rapport !-. Il y eut au loin un léger remue-ménage, suivi d’une vague d’inquiétude dans les rangs. » Henri Coulonges (Les rives de l’ Irrawaddy)

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