Les rieuses de mon quartier

 »-. Le quartier que j’habite est un tissu de petites 🏡 bien vieilles. Elles circulent entre les maisons ouvrières du dix-neuvième siècle. Les pavés font le gros dos. J’aime ce quartier. L’autre matin, de bonne heure, dans la rue, j’ai croisé trois dames. Elles se donnaient le bras. Elles étaient toutes les trois d’un certain âge. Celle du milieu avait quelque mal à marcher, mais les deux autres la soutenaient. Et toutes les trois riaient aux éclats. Ce rire avait quelque chose de subversif dans cette ruelle déserte au petit matin.

Projet  »picassez-vous la tête »

Alors qu’à cette heure-là, le ciel ne savait pas encore ce qu’il allait faire, le rire de ces femmes, lui, avait quelque chose de bien décidé. C’était comme une provocation. On a tellement l’habitude de réserver le rire à la jeunesse. Moi, je n’ai pas pu m’empêcher de recevoir ce rire comme un 🎁 insolite dans les petites rues du matin. Pour moi, c’était comme une promesse qui se promenait dans les rues. Comme une surprise ou un bouquet de fleurs que je recevais sur mon chemin. Vieillir, c’est toujours un chantier et peut-être bien qu’aujourd’hui, dans la société d’aujourd’hui, rire est devenu un chantier. Rire sous le ciel bas, dans les jours gris, rire en cherchant le bout du tunnel, rire comme un défi, rire comme une victoire de la vie, comme un signal d’espérance. Rire et non pas rigoler, non pas blaguer pour oublier, non pas faire semblant de rire pour se donner des airs, mais rire. » Jean Debruynne (Rencontres)

Une réflexion sur “Les rieuses de mon quartier

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s