L’infirmerie militaire

 »-. Je faisais des cycles de quatre jours. Le premier jour, j’emmenais les blessés dans un hôpital militaire situé à une quinzaine de kilomètres et en rapportais des médicaments. Le deuxième, je travaillais à l’ambulance et aidais les chirurgiens. Le troisième, j’allais sur le champ de bataille pour ramener les blessés sur des brancards. Le quatrième, je me reposais, c’est-à-dire… J’avais droit à quatre heures de sommeil, puis devais faire l’inventaire et m’occupais des rapports. Un, deux, trois, quatre. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans un instant de répit.

Le pire, c’était l’ambulance. Il y avait tant de blessés que nous ne pouvions pas soigner la moitié d’entre eux à temps. La gangrène s’installait vite, jambes et bras devenaient visqueux, verts, écarlates… Nous n’avions que des médicaments grossiers, huile de ricin pour la fièvre, teinture d’iode ou eau oxygénée pour les plaies ouvertes. L’odeur de la gangrène… pouah ! Je la sens encore. Pour les infections, c’était de l’aspirine. Quant aux blessures dues au gaz moutarde, nous nous contentions de les laver à l’eau. Les cris, les gémissements, les râles d’agonie… Dieu merci, nous avions de la morphine et de la codéine. Dans les salles d’opération, il y avait toujours un centimètre de sang par terre. Nous glissions et nous retrouvions trempés de sang cinq à six fois par jour. » Léon Uris (Les 🦁 de Mitla)

6 réflexions sur “L’infirmerie militaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s