J’ai fait un rêve de médina

 »-. Le rêve était précis, et très dense, je partais à la recherche d’une longue et noire chevelure. Ce fut à un moment d’intense agitation que j’aperçus de nouveau la chevelure noire, j’étais sauvé. Quelque cent mètres plus loin, une silhouette me fit signe de la ✋ de la suivre, j’obéis et là je me suis trouvé en pleine médina d’une ville arabe. Plus de chevelure en vue, personne pour me faire signe. J’étais seul, apaisé et même heureux de me promener dans ces ruelles étroites et ombragées. Les femmes n’étaient pas toutes voilées. Les hommes vantaient avec humour leurs marchandises, ils vendaient des épices de toutes les couleurs, des babouches, des tapis, des couvertures en laine, des fruits secs.

50x60cm  » Kasba »

La médina se présentait à mes yeux comme un enchevêtrement de lieux, des rues et des places, où tous les miracles étaient possibles. Les rues étaient jalonnés de petits vendeurs et de vieux mendiants. Il y avait l’aiguiseur de 🗡️ qui se promenait avec sa roue montée sur un cycle. Il y avait le vendeur d’eau, un vieil homme courbé qui poussait un cri long et douloureux, entre le 🐺 menaçant et le 🐕 abandonné, pour vanter la fraîcheur et les bienfaits de cette eau de source mise dans une outre noire, qu’il transportait en travers de son dos. Il y avait aussi les mendiants, la rue n’existerait pas sans eux, elle leur appartenait. Je ne sais comment j’eus soudain la ferme conviction que le vendeur d’eau, l’aiguiseur de 🗡️ et l’un des mendiants faisaient partie de mon histoire. » Tahar Ben Jelloum (L’enfant de sable)

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