Un accent de cailloux

 »-. Elle avait gardé de sa Lozère un accent de cailloux qui roulaient au ☀️. Elle était sèche comme une écorce de châtaigne et, à chaque rencontre dans le couloir des chambres de bonnes, elle allumait son sourire. Souvent, elle me guettait. Seulement pour le besoin de parler, pour une causette d’amitié. Elle habitait la chambre tout au fond. Elle m’invitait pour un café et, comme on fait à la ferme, elle sortait le saucisson, noueux comme un bâton de trique. Elle s’asseyait en face, à cause de ses mauvais yeux.

Projet »picassez-vous la tête »

Elle parlait du village de l’ancien temps, de la ferme, des champs et des 🏡, des travaux et des gens. Son mariage l’avait fait monter à Paris, lui était garçon de café, elle s’était faite femme de ménage, femme de lessive, tantôt serveuse, tantôt servante… Il fallait arriver au bout du mois. Son mari était mort, ils n’avaient pas eu d’enfants…- Prenez encore un peu de saucisson, si vous le trouvez bon-. Il fallait, puisque le saucisson était bon et que cela lui faisait plaisir. Elle ajoutait. – Il vient de là-bas, ce sont mes cousins qui le font…- » Jean Debruynne (Rencontres)

Une réflexion sur “Un accent de cailloux

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