La cousine Sidonie

 »-. Pendant les grandes vacances, Sidonie venait passer quelques jours chez nous. C’était l’idée de ma mère, qui avait pitié de la vieille demoiselle dont la vie s’écoulait, monotone, sous les toits d’une des 🏡 les plus noires de la rue des Archives. Elle était petite, sèche, voûtée, le cheveu gris et frisé, la voix rapide et contenue, un lorgnon sur son 👃 pointu et curieux. Tout ce que je savais d’elle, était qu’elle avait longtemps vécu à l’étranger. Et que, dans sa petite enfance, elle avait vu Paris en flammes au moment de la Commune.

Projet »picassez-vous la tête »

Il y avait un rien de sournoiserie chez Sidonie. Elle nous aimait bien, mais elle nous jugeait. Elle n’acceptait pas d’être pauvre, souvent elle ôtait son lorgnon à monture de fer et elle en mordait le bout de ses petites dents grises, comme un perroquet mord rageusement le barreau sur lequel il se balance. Les riches ! Les riches ! Comme elle les haïssait dans son ❤️ ! Nous n’étions cependant pas riches, mais, comme elle le disait entre haut et bas et en regardant autour d’elle d’un air inquiet. -. Nous avions de quoi. Et elle non-. La pauvre Sidonie était en révolte contre ce qu’elle appelait le sort. Malgré quoi, elle respectait ma mère, dont elle connaissait la bonté. » Julien Green (Jeunes années)

Une réflexion sur “La cousine Sidonie

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