Le 🔥 de cheminée

 »-. L’hiver, à la 🌃 tombée, nous nous asseyions quelquefois en rond devant une cheminée où flambaient des bûches. Derrière nous, il y avait l’immense obscurité du salon, mais la lumière qui venait de l’âtre éclairait nos visages d’enfants et le beau visage pensif de ma mère. Et il nous semblait que, dans le 🔥, nous voyions battre des ailes l’aigle impérial qui ornait la plaque de fonte. Je croyais que l’ 🐦 vivait vraiment, et je posais des questions absurdes. Alors ma mère me serrait contre elle. Son long châle gris l’enveloppait jusqu’aux pieds, et elle tendait les ✋ vers le 🔥 par un geste que je revois encore. Personne n’était plus frileux qu’elle, car elle venait de Savannah, où les roses fleurissent au ❤️ de l’hiver.

40x40cm « La farandole des chaussettes »

Souvent, elle nous parlait du pays lointain, le Sud des États-Unis, où elle avait passé sa jeunesse, et nous nous promenions ensemble dans les avenues bordées de magnolias géants, où tout sentait bon, où l’air était tiède à Noël. Dans la lumière du 🔥, je voyais les bas et les chaussettes qui sêchaient, avec les flanelles, sur les barreaux d’un porte-serviette. Et, d’une 👂 plus ou moins attentive, j’écoutais ces phrases qui se déroulaient au-dessus de ma tête comme des banderoles. Bientôt l’aigle impérial battait, me semblait-il, plus faiblement des ailes, la voix de ma mère se faisait plus lointaine. Et comme par enchantement je me retrouvais dans mon lit. » Julien Green (Jeunes années)

Une réflexion sur “Le 🔥 de cheminée

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