La servante au grand ❤️

 »-. Il fouilla, regarda quelques croquis vieux de plusieurs années, en déchira, puis ouvrit une anthologie poétique. Quand il eut trouvé le poème qu’il cherchait, il commença de lire. -La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse…-. s’arrêtant soudain, il soupira longuement avant de répéter plusieurs fois à haute voix. -Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs-. Il lut quatre ou cinq fois le reste du poème, puis, refermant le 💷, il le posa et prit une feuille de papier. Il ouvrit ensuite la boîte de peinture où il retrouva un petit étui contenant quelques craies d’art. Il retourna s’installer sur son sac, étendit à demi ses jambes où il posa sa planche à dessin. Après un long moment d’immobilité, lentement d’abord, puis avec une espèce de rage, il se mit à dessiner.

Ses craies d’art griffaient le papier, s’écrasaient avec un crissement agaçant. De loin en loin, il soufflait pour enlever la poussière inutile et un ☁️ montait devant lui. Plusieurs fois des gouttes de sueur tombèrent de son front sur la feuille où de petites tâches sombres allaient s’élargissant, jusqu’à se fondre pour disparaître bientôt. -. Merde ! Merde !- . Des mots étaient en lui, allant et venant, comme prisonniers. -. Vieux squelettes gelés travaillés par le ver… Et quand octobre souffle, émondeur des vieux 🌲, dévoré de noires singeries…- » Bernard Clavel (Le coeur des vivants)

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