Le syndrome de la cabane sibérienne

 »-. Le soir, halte dans la cabane. Le poêle met longtemps à tirer. La cabane se réchauffe doucement et je reste près du 🔥. Penser à vérifier, à mon retour en France, si une Psychanalyse de la cabane n’a pas été publiée, parce que ce soir je me sens aussi bien qu’un fœtus. D’abord, il y eut la matrice organique où s’élabora la vie. Dans les marais, les houilles et les tourbières, les bactéries macéraient. De la soupe primitive allaient jaillir les formes les plus complexes du vivant.

30x40cm « Les couleurs de l’hiver »

Puis la Terre délégua le soin de maintenir la chaleur. Les utérus, les poches marsupiales, les oeufs firent office de couveuse. Les habitats primitifs remplirent à leur tour leur rôle d’incubateur. Les hommes se tinrent dans les cavernes, au sein même de la terre. Ensuite, ygloos et yaourts rondes, cabanes de bois et tentes de laine répondirent à l’impératif. Dans la forêt sibérienne, l’ermite dépense une immense énergie à chauffer son abri. Le corps y trouvera toujours sécurité et bien-être, il sait qu’un havre l’attend. La cabane remplit la fonction maternelle. Le danger est de se trouver trop bien dans sa tanière et d’y végéter en état de semi-hibernation. Ce penchant menace bien des Sibériens, ils régressent à l’état d’embryon et remplacent le liquide amniotique par la vodka. » Sylvain Tesson (Dans les forêts de Sibérie)

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