Le choc des cultures

 »-. Nous nous sommes retrouvés dans le Lot -et -Garonne. Je rêvais d’être marin, et en 1940 la marine s’est sabordée, donc plus de marine, plus de rêve, plus d’Empire ! Tout était balayé d’un coup ! J’ai fait mes études au collège de Villeneuve-sur-Lot. Débarquer dans le Lot-et Garonne a été pour moi comme un choc des cultures. Je franchissais une frontière entre la langue d’oc et la langue d’oïl. Je changeais de cuisine, ici on marchait à l’huile et non au beurre, on buvait du vin et jamais de la 🍺. On ne mangeait pas des frites, mais on mangeait des fèves.

80x80cm Quadriptyque « Ohé, les gars de la marine« , galerie Laissez-moi vous conter la mer

Avec mon frère, on travaillait chez les paysans pour aider aux foins, aux moissons, à la vendange. Et les paysans, entre eux, ne parlaient pas le français, mais le gascon. Et puis il y a eu la Résistance, mon frère a pris le maquis. Cet esprit de résistance, je l’ai découvert là, c’est pour moi le verbe Résister. Résister est un verbe qui compte beaucoup. Dans le Lot et Garonne, j’ai découvert aussi une autre Eglise. Là, dans le sud-ouest, les prêtres étaient des Italiens, des Irlandais ou des Bretons, des étrangers pour les gens du pays. Il n’y avait pas grand monde à l’église, pas grand monde à la messe. Et j’ai découvert un autre monde, celui de l’absence. Et voilà encore un autre élément très important dans ma vie. » Jean Debruynne (Rencontres)

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