La mort de l’hiver

 »-. La glace se disloque, l’eau regagne la liberté. Elle taille des chéneaux entre les plaques ou les morceaux de banquise. La pluie ne trouve pas le chemin de la terre. Les traînées d’eau remontent au ciel dans les tourbillons de vent. Dans la confusion, les cèdres font des signaux d’effroi. Les 🐕 Aika et Bek ont trouvé refuge sous le perron de l’auvent. Les ouvertures d’eau libre tranchent de leur anthracite sur les éclats de banquise en déroute. Les rafales brouillent les eaux de risées. Un arc-en-ciel naît à la pointe du cap et trouve appui au milieu du lac. Sous sa courbe s’encastrent des nuées d’ébène massées au septentrion. Les éclairs fusent au moment où le ciel se referme. Seul un rai ensanglante les bouriates. Une ligne qui soutient le socle du plafond d’encre. Je viens d’assister, en dix minutes, à la mort de l’hiver.

30x40cm  » L’hiver en rideau de dentelle »

L’orage porte sa dévastation au sud. Le lac se remet. Dans l’air frais, sous un ciel satiné, la houle libérée soulève les plaques de glace à la dérive. Les éclats de l’ancien vitrail se disloquent au moindre contact dans un froissement de soie rêche. La débâcle a libéré la pulsation du lac. J’installe le tabouret sur une plaque de banquise et passe la soirée à dériver lentement. Les eaux sont revenues ! Plus rien ne sera comme avant. » Sylvain Tesson (Dans les forêts de Sibérie)

Une réflexion sur “La mort de l’hiver

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