Les larmes de Virginie

 »-. J’ai versé bien des larmes depuis notre séparation, moi qui n’avais presque jamais pleuré que sur les maux d’autrui ! Ma grand-tante fut bien surprise à mon arrivée, lorsque m’ayant questionnée sur mes talents, je lui dis que je ne savais ni lire ni écrire. Elle me mit, dès le lendemain, en pension dans une grande abbaye près de Paris, où j’ai des maîtres de toute espèce. Ils m’enseignent, entre autres choses, l’histoire, la géographie, la grammaire, la mathématique, et à monter à 🐎. Mais j’ai de si faibles dispositions pour toutes ces sciences , que je ne profiterai pas beaucoup avec ces messieurs.

Je sens que je suis une pauvre créature qui a peu d’esprit, comme ils le font entendre. Cependant les bontés de ma tante ne se refroidissent point. Elle me donne des 👗 nouvelles à chaque saison. Elle a mis près de moi deux femmes de chambre, qui sont aussi bien parées que de grandes dames. Elle m’a fait prendre le titre de comtesse, mais elle m’a fait quitter le nom de La Tour, qui m’était aussi cher qu’à vous-même, par tout ce que vous m’avez raconté des peines que mon père avait souffert pour vous épouser. Elle a remplacé votre nom de femme mariée par celui de votre famille, qui m’est encore cher cependant, parce qu’il a été votre nom de fille. » Bernardin de Saint-Pierre (Paul et Virginie)

Une réflexion sur “Les larmes de Virginie

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s