Petit budget et grand format, j’en appelle à Picasso

Les grands formats écornent les petits budgets. Élémentaire, ma chère Christine. Non seulement les toiles de grandes dimensions nécessitent du matériel, une aire de stockage et du transport à grande échelle, mais également, n’étant pas d’utilisation courante y compris chez les artistes les plus talentueux, la rareté fait la cherté. En exercices pratiques, je vous soumets le dilemme suivant. Une exposition d’artistes de renommée régionale se tient à quelques dizaines de kilomètres de chez moi, son organisateur m’invite à soumettre ma candidature, sachant que la plupart des cimaises sont déjà réservées aux habitués. Pour mettre toutes les chances de mon côté, car le challenge me plaît bien, il me faut répondre aux désidératas d’un cahier des charges exigeant.

L’on y présente une seule toile, format minimum un mètre cinquante de long. Aïe, je n’ai rien de tout cela en réserve, mon atelier est trop petit, je suis désargentée et mon format poids-plume ( je suis à peine plus haute que le support requis) m’obligerait à grimper périlleusement sur un escabeau. Reste la seconde option, à savoir deux toiles de 80x80cm au maximum, c’est déjà mieux, mais je ne possède pas non plus ce genre de fournitures. Il va me falloir improviser. J’ai l’habitude de bricoler des quadriptyques composés de… quatre toiles accolées, sur le même thème, de 40x40cm. Au travail, il me faut rendre ma copie rapidement, et ce pour une participation éventuelle qui est loin d’être gagnée !

Quadriptyque 80x80cm  »Mademoiselle Picasso », acrylique au 🔪, collage et pointillisme, galerie Faussaire

Mon conseil. -. Une seule toile composée de quatre morceaux ne s’appréhende pas comme un quadriptyque dont chaque support est traité différemment, puis assemblé. J’ai dû veiller à l’homogénéité du sujet et du support, tout en faisant un clin d’oeil artistique pour enjamber la difficulté. Le montage et les finitions ont nécessité du soin et de la créativité. Côté thème, pour me démarquer de la concurrence, j’ai joué mon va-tout, au risque de déplaire aux esprits académiques, et misé à fond sur l’originalité de la chose et de la forme. J’en ai donc appelé à mon maître, rien moins que Pablo Picasso. Sachant que ma seconde oeuvre, plus petite mais assortie, est également un pastiche de l’ami Pablo. -. Et si, après tout ce travail de 🐜, tu étais recalée, dis Christine ?-. Je me serais bien amusée, l’oeuvre serait prête pour une autre exposition, moins exigeante quant au pedigree des artistes… Et puis, surtout, on ne meurt pas d’une blessure d’amour-propre !-

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