Survie

 »-. Et cependant, il nage. Et soudain, nageant comme il fait, tout habillé, une autre image surgit. Voilà, voilà. Celle des déportés échappés du ⛵ torpillé, squelettes vivants dans leurs treillis zébrés, et qui eux aussi nageaient, nageaient… La narration de Pasqual qu’il avait repêché, et recueilli dans sa cabine. Rien que la peau sur les os. Un 💀 chauve vieux de cent ans. Et le souffle si court, si altéré, qu’on pouvait craindre à tout moment de le voir, ou l’entendre, cesser. Ces mots hachés, plus murmurés que prononcés. Et pourtant ce récit exaltant de ce que peut la volonté d’un homme !

Projet 🎏 d’avril, Les dents de la mer

Une bête serait morte, n’aurait pas résisté. C’est ce que voulaient leurs tortionnaires, les réduire à l’état de bêtes, qui s’abandonnent et se laissent mourir. Beaucoup d’ailleurs l’avaient fait. Mais les meilleurs, et lui, Pasqual, avaient relevé le défi. Tout supporter, pour vivre. Parce simplement vivre, c’était ça leur victoire, la victoire de leur orgueil d’êtres humains. Quand la déroute allemande fut près d’être consommée, on les avait parqués sur ce vieux rafiot à moitié moribond déjà, cercueil flottant offert en cible aux torpilles des Alliés. Près de la moitié s’était noyée. Les autres avaient nagé jusqu’à ce qu’on les repêchât. Ceux-là étaient victorieux. » Vercors (Sillages)

Une réflexion sur “Survie

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