Le bonheur domestique

L’esclave Marie était née à Madagascar, d’où elle avait apporté quelque industrie, surtout celle de faire des paniers et des étoffes appelées pagnes, avec des herbes qui croissent dans les bois. Elle était adroite, propre, et très fidèle. Elle avait soin de préparer à manger, d’élever quelques 🐔 et d’aller de temps en temps à Port-Louis vendre le superflu de ces deux habitations, qui était bien peu considérable. Si vous y joignez deux 🐐 élevées près des enfants, et un gros 🐕 qui veillait la 🌃 au dehors, vous aurez une idée de tout le revenu et de tout le domestique de ces deux petites métairies.

Quant aux deux amies, elles filaient du matin au soir du coton. Ce travail suffisait à leur entretien et celui de leurs familles. Mais elles étaient si dépourvues de commodités étrangères qu’elles marchaient nu-pied dans l’habitation, et ne portaient de souliers que pour aller le dimanche, de grand matin, à l’église des Pamplemousses que vous voyez là-bas. Il y a cependant bien plus loin qu’à Port-Louis, mais elles se rendaient rarement à la ville, de peur d’y être méprisées, parce qu’elles étaient vêtues de grosse toile bleue du Bengale, comme des esclaves. Après tout, la considération publique vaut-elle le bonheur domestique ? » Bernardin de Saint-Pierre (Paul et Virginie)

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