Lola en son palais

 »-. Eh bien, j’ai mon palais ! Dire que je m’étais laissée éblouir par un petit hôtel particulier ! Peut-être, en aurais-je un, plus tard, qui me fera rire de celui-ci… Le roi, pour m’avoir, a attendu que j’ai le palais. J’aurais été une bonne romancière. Pour le prévenir de ce qu’il allait apprendre, je lui ai raconté une longue histoire. Je me suis inventé une confuse enfance espagnole. Ce que j’en savais par Nodier, par Victor Hugo, me servait. J’alignais des cyprès. Comme sur le tableau de Goya, on fusillait mon père.

50x50cm « Palazzo », vendu, galerie La meilleure façon d’habiter

Ma fuite en barque était un chef-d’œuvre. Le couvent, où les sœurs étaient si bonnes pour moi, a oppressé la respiration du roi. Je prenais à l’histoire autant de plaisir que lui. J’inventais une nourrice abominable qui me recueillait, puis, à douze ans, me jetait, pour y danser, dans les bouges de Séville. Où je restais pure quand même. Jusqu’à la 🌃… Jusqu’à l’horrible 🌃. Le plus beau, c’est que je regrettais à tel point l’enfance que j’avais créée que je me troublai pour de bon et que mes yeux se mouillèrent. -. Vous me faites souffrir, ne m’en dîtes pas plus !-

40x50cm  ». Les la larmes d’Or »

-. J’irai jusqu’au bout-. Je voulais lui placer la scène du viol. Un grandiose viol nocturne sous le velours du ciel espagnol. L’infâme était un torero, pour faire couleur locale. Le roi serrait les poings. -. Et depuis ?-. Heureusement que j’en sais déjà assez, car mon pauvre roi Louis ne me fait ni chaud ni froid. Et c’est mieux ainsi. Il me donne tout, il ne me soumet pas. » Cecil Saint-Laurent (Lola Montes)

50x60cm La danse avec passion, vendu, galerie Z’Artistes

Mon conseil. Que serait l’être humain sans l’imagination, qui vient au secours et en connivence d’une vie trop rangée, ou bien pas assez ? C’est là qu’intervient la peinture. Surtout si elle est pratiquée, comme moi, par une barbouilleuse qui n’en attend que des joies artistiques et non des peines commerciales. Au propre comme au figuré. Ah, pouvoir s’évader par la parole, telle la charmante menteuse qui s’invente si-dessus une biographie tragique, colorée, exotique, émouvante… Mieux, pouvoir la PEINDRE ! Amis, à vos idées ! Amis, à vos mensonges ! Amis, à vos pinceaux !

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