Faisons le compte des vraies richesses

 »-. Faisons le compte. De tous ces gens-là qui m’entourent, m’emportent, me heurtent, me poussent, de cette foule parisienne qui coule, me contenant sur les trottoirs devant la Samaritaine, combien seraient capables de recommencer les gestes essentiels de la vie s’ils se trouvaient demain à l’aube dans un monde nu ? Qui saurait orienter son foyer de plein air et faire du 🔥? Qui saurait reconnaître et trier parmi les plantes vénéneuses les nourricières comme l’épinard sauvage, la 🥕 sauvage, le navet des 🗻, le chou des pâturages ? Qui saurait tisser l’étoffe ? Qui saurait trouver les sucs pour faire le cuir ? Qui saurait écorcher un 🐐 ? Qui saurait tanner la peau ? Qui saurait vivre ?

Projet 🎏 d’avril Le 🐟 pêcheur ,

Ah ! C’est maintenant que le mot désigne enfin la chose ! Je vois ce qu’ils savent faire. Ils savent prendre l’autobus et le métro. Ils savent arrêter un taxi, traverser une rue, commander un garçon de café. Ils le font là autour de moi avec une aisance qui me déconcerte et m’effraie. Je suis effrayé, comme je l’ai été au zoo de Berlin devant la cage du 🦍 quand j’ai vu la bête s’asseoir sur une chaise, en face d’une table, et attendre sa pâtée. » Jean Giono (Les vraies richesses)

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