On a jeté à bas le Tsar !

 »-. Tel un tourbillon, une nouvelle stupéfiante fit irruption dans la petite ville. -. On a jeté à bas le Tsar !-. Les habitants demeuraient incrédules. Cependant, un train, surgi de la tempête de neige, se rangea lentement sur le quai. Deux étudiants, fusil en bandoulière par-dessus leurs capotes, et un détachement de soldats révolutionnaires portant des brassards rouges, en descendirent précipitamment. Ils arrêtèrent les gendarmes de la gare, le vieux colonel et le chef de la garnison. Dès lors, la petite ville prêta foi à la nouvelle. Par les rues enneigées, des milliers de gens affluèrent vers la place.

La petite Gare de Fenery

On écoutait, avidement, les mots nouveaux. Liberté. Égalité. Fraternité. Les jours s’écoulèrent, tumultueux, imprégnés d’une joyeuse émotion. Puis vint l’accalmie. Et seul le drapeau rouge flottant sur l’hôtel de ville où mencheviks et bundistes s’étaient installés en maîtres, attestait qu’il y avait du nouveau. Pour le reste, il n’y avait rien de changé. Vers la fin de l’hiver, un corps de cavalerie de la garde prit ses cantonnements dans la ville. Tous les matins, des escadrons se rendaient à la gare pour y cueillir les déserteurs qui s’étaient enfuis du front sud-ouest. » Nikolai Ostroviski (Et l’acier fut trempé… )

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