Chéri, je m’emmerde avec toi…

 »-. Ici, je m’ennuie. Quand, après le Café Anglais, il m’a ramenée chez lui, j’ai respiré de joie, je me croyais de passage. C’était fortifiant de retrouver le luxe au sortir d’un bouge, après les insultes du public d’un théâtre gluant, et les menaces d’un commissaire de quartier. Les premières semaines, j’ai joui de mon triomphe. Je l’ai obligé à me mener dans sa loge, aux Folies-Montmartre, pour me donner le luxe d’applaudir du bout des doigts les misérables petites histrionnes qui m’avaient méprisée. Chaque nouvelle 👗 était une victoire. Mes doigts se sont mis à étinceler. J’ai eu le courage de dérober aux regards la peau de mon cou, parce que c’était pour la cacher avec des parures d’émeraudes, de rubis, de perles.

Projet 🎏 d’avril, Bisou de 🐟

J’ai appris à dire avec une lassitude naturelle. -. Ah, non, pas d’huîtres ce soir !-. Avec une rage heureuse, j’ai vu chaque jour s’allonger le frisson soyeux de ma garde-robe. Quand il rentrait, le soir, et déposait un écrin sur mes genoux, j’étais un général gagnant une ville. Pourtant, j’ai souvent eu envie de lui dire. -. J’ai voulu que vous soyez mon esclave, et vous l’êtes. Ça va comme ça. Ayez donc l’idée de vous révolter-. Empoigner une femme par les épaules, la faire plier, l’outrager, voilà un régal dont la tentation m’effleure quelquefois. Et, si j’avais été un homme, j’aurais peut-être rêvé du délice des abandons où l’on s’oublie, les flancs offerts à plus lourd que soi. Je ne veux qu’être heureuse. Le serai-je ? Me contenterai-je ? » Cecil Saint-Laurent (Lola Montes)

Une réflexion sur “Chéri, je m’emmerde avec toi…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s