Les cailloux de la route de Jérusalem

 »-. Parce qu’ils avaient beau dire, Jérusalem, c’était quand même un peu plus loin qu’Avignon, ou même Nîmes. Bien sûr, c’était la Ville sainte, celle qui abritait le tombeau du Christ, celle que de bons Chrétiens avaient arrachée aux ✋ des païens, Sarrazins et autres juifs, presque un demi-siècle plus tôt. Mais c’était le bout du monde pour un jeune homme de dix-neuf ans qui n’avait même pas été jusqu’à Arles !

Jérusalem, c’était très loin pour qui ne comprenait pas bien les mobiles qui poussaient le Roy Louis le septième et sa jeune épouse, Aliénor, à ceindre la croix du Christ et à prendre la route avec plus de cent mille hommes. Croisés auxquels allaient s’ajouter cent mille Allemands levés par l’empereur Conrad. Car lui aussi avait été saisi par la grâce et cet impérieux besoin d’aller jusqu’en Orient châtier les païens qui, assurait-on, avaient massacré en une 🌃 toute la population chrétienne de la ville d’Edesse. Mais Gilbert avait beau faire, il n’arrivait pas à éprouver une grande compassion pour tous ces inconnus martyrs qui vivaient dans une cité dont il n’avait que faire ! Lui, ce qu’il aimait, ce n’était pas s’user les pieds sur les cailloux de la route de Jérusalem, mais c’était le travail de sa terre. » Claude Michelet (Histoires des paysans de France)

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