La gondole qui filait sur le canal

 »-. C’était un petit canal. La gondole avait quitté le Grand Canal pour s’engager sur ce ruban d’eau verdâtre et malodorant, entre deux rangées de palais accolés. Arcades, fenêtres mauresques dont les couleurs se fondaient dans le gris de la 🌃, hautes et imposantes façades comme enracinées dans l’eau. Toute la gloire de l’arrogante Venise. Des deux côtés de l’étroit canal, les murs étaient tellement humides et couverts de vase que la ville semblait surgir des profondeurs marines pour dresser vers la 🌙 sa sinistre ambition, rongée de pourriture nocturne.

Projet Viens chez moi, j’habite chez une copine, Palazzi à Venise

Pour la première fois de ma vie, je comprenais pourquoi la longue gondole noire à la haute proue si effilée était pour mieux manoeuvrer entre ces rives de pierre qu’éclairaient de faibles lanternes agitées par le vent. Assis dans la gondole, le jeune Stéphan parlait avec animation à Paganini. Le grand homme paraissait captivé. Il avait, effectivement, le long nez crochu, les énormes yeux protubérants que lui prêtent de nombreux portraits. La laideur de ses traits ne faisait que rehausser sa présence ardente et son magnétisme. Ah, Venise…  » Anne Rice ( Le Violon)

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