Il s’appelait Marcel Pagnol

 »-. Il vient d’avoir soixante ans, et il en paraît quarante, à peine. Il est de taille moyenne, assez fort, rayonnant de santé, la vraie, celle qui ne doit rien au sport. Il lui arrive de revêtir son habit vert d’académicien et de prendre son bicorne, le jeudi. Mais, le plus souvent, il n’a même pas de cravate, et porte un tricot de marin ou de joueur de boules. Ce qui frappe le plus chez lui, ce n’est pas la voix, merveilleuse, mais trop facile à imiter, c’est le regard. Il est double, un oeil brille toujours malicieusement, l’autre est plutôt triste. Mais c’est celui qui brille qui est timide, tandis que celui qui est triste a un éclat très ferme. Un régal. En somme, il n’a pas du tout l’air d’un Parisien. On dirait un sénateur romain qui aurait lu Dickens.

Projet Viens chez moi, j’habite chez une copine,  »Le Mas dans la pinède »

Il n’a plus rien du petit lycéen fluet, entreprenant, fou d’audace, qui fondait à Marseille la revue Fortunio. Ni du jeune auteur, dévoré d’anxiété, quinze ans plus tard, qui sait qu’il va jouer son va-tout avec une pièce qu’il croît bonne, qui s’appelait Topaze. Il n’a d’ailleurs plus besoin de référence, ni de patronage, ni celui de Musset, ni celui de Molière. Il porte un nom qui, grâce au cinéma, est aujourd’hui plus connu d’un grand nombre de ses concitoyens que ne l’a jamais été aucun écrivain de son pays. Il s’appelle Marcel Pagnol. » Bernard de Fallois (Marcel Pagnol au temps des souvenirs)

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