Diaboliquement votre

 »-. Au haut de la ville d’Arlanc, dans une de ces pauvres 🏡 de pierraille qui, bĂąties sur la roche vive, regardent la belle vue prĂšs du 🏰, habitait un homme que l’envie de devenir riche travaillait. Le diable, de biais ou de droit fil, engagea l’affaire. Toujours est-il que l’homme vendit son garçon, par un papier signĂ©, portant que le petit appartiendrait au Malin le jour de ses vingt et un ans. L’enfant grandit, alla dans les Ă©coles. Son pĂšre, maintenant, avait de quoi l’y tenir. Et, selon la vocation qui lui Ă©tait venue, il prit la prĂȘtrise au sĂ©minaire de Montferrand, l’annĂ©e mĂȘme oĂč le 😈 devait se mettre en possession de son corps. Le pĂšre calculait, la tĂȘte entre ses ✋. – Lui qui est si comme il faut, il va appartenir au dĂ©mon !– L’avisait-il entrant par une porte, il sortait par l’autre. Arrivant dans le champ oĂč il surveillait les moissonneurs, il reprenait sa canne et s’Ă©loignait parmi les javelles. Son pĂšre rĂ©sista longtemps, puis, voyant qu’il n’y gagnait rien, il dit d’un trait. -. Je t’ai vendu, autrefois, le jour de tes vingt et un ans tu appartiendras au 😈-. Puis il se sauva derriĂšre la ramĂ©e qui partout bouchait la vue. » Henri Pourrat (Gaspard des montagnes)

Ce rĂ©cit me tourmente. Je vous rassure, il finit bien, le garçon se montra plus malin que le Malin… Mais pour le mettre en peinture… Facile, me direz-vous, il faut et il suffit de croquer le 😈, sa mauvaise haleine aux relents de souffre et ses pieds fourchus, le tout nappĂ© d’un rouge diabolique. Mais non, c’est trop convenu, trop scolaire, trop acadĂ©mique. Point de diableries en forme de folklore, de sabbat, de sorciĂšres… Mais alors, oĂč diable trouver l’inspiration ?

DiamĂštre 50x50cm, sur panneau de bois  » J’ai vendu ton Ăąme au 😈 », galerie Chemins de spiritualitĂ©

Mon conseil. -. Le portrait du Malin ne me tentant guĂšre -mieux vaut rester prudent, mĂȘme pour la bonne cause de l’art- , reste le garçon, avec son Ăąme, ses tourments, ses interrogations. Je l’ai tracĂ© rapidement, presque Ă  la va-vite, puis mis en peinture presque aussi rapidement, Ă  grands coups de đŸ”Ș et d’applats de couleur. Il est des thĂšmes qui s’exĂ©cutent dans l’instant, dans l’instinct, sans rĂ©flĂ©chir. Deux-trois heures suffisent, finitions comprises, mais… attention, le 😈 est dans la place, le 😈 est dans la ✋, le 😈 est dans la tĂȘte… Vade rĂ©tro, Satanas !

Une réflexion sur “Diaboliquement votre

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