Agronomiquement vôtre

 »-. Vois-tu, petit, une récolte, quelle qu’elle soit, fatigue toujours la terre. C’est normal, elle a puisé en elle de quoi germer, croître, grandir, mûrir. De tout temps, on a cru qu’il fallait la laisser reposer une, voire deux ou trois années après une moisson. Si tu n’étais pas si ignare, mais il est vrai alors que tu ne serais pas paysan, et si tu lisais le latin, tu saurais que des hommes comme Caton ou Pline l’ancien ont découvert tout cela avant moi. Bref, après la jachère, on a pensé qu’il fallait enrichir la terre, grâce au fumier, à la marne, à la chaux. C’est bien, mais insuffisant.

Projet Viens chez moi j’habite chez une copine

Moi, j’ai trouvé beaucoup mieux ! Vois-tu, après une année et un bon et profond labour à la charrue, je fais semer de la prairie artificielle, luzerne, trèfle, sainfoin, ou encore des betteraves. Tu connais les betteraves ? Non, bien sûr. C’est une grosse racine qui nous vient d’Allemagne où elle est cultivée depuis longtemps. Alors, moi aussi, je la cultive. Et, vois-tu, il est une variété à racine, et rouge, et comestible qui, une fois cuite, laisse échapper une sorte de sirop douceâtre dont je me suis toujours demandé s’il ne serait pas possible d’en extraire une sorte de sucre… Mais là n’est pas mon propos, je te parlais d’assolement. Oui, grâce à cette rotation des cultures, la terre se repose, mais elle se revivifie. Alors là, crois-moi, la céréale qui viendra derrière fera des jaloux !- » Claude Michelet (Histoires des paysans de France)

Une réflexion sur “Agronomiquement vôtre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s