La tombe de mon grand-père

 »-. Jacques Signol aurait dû être enterré à Saint-Vincent, ou alors à Carsac, son village natal, comme je l’ai déjà dit, j’ai cherché sa tombe, et j’ai fouillé les archives paroissiales. Mais en vain. Nulle trace, nulle part, ne témoignait de sa courte vie. Il avait été renvoyé au néant dont il était sorti, et il n’est plus demeuré vivant que dans la mémoire de quelques-uns, dont sa femme, celle de ses enfants. Et dans la mienne, aujourd’hui, qui tente de redonner à sa vie sa légitimité, l’importance qu’elle a eue sur ceux qui l’ont suivi par le seul fait qu’il a refusé son destin, essayé de desserrer l’étau dans lequel il était pris depuis sa naissance.

30x90cm  » Pater familias », vendu, galerie Chemins de spiritualité

Que s’est-il passé ? Rien que de très banal sans doute, pour ces hommes et ces femmes qui existaient à peine par eux-mêmes et ne personnifiaient rien de durable. Le plus probable est que Madeleine ne put acheter une concession, et que Jacques fut porté en terre dans la fosse commune. C’était le lot de la majorité des humbles à cette époque. Et ce, en présence de tous ses enfants, revenus pour cette triste occasion. » Christian Signol (Pourquoi le ciel est bleu)

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