Femme dans la guerre

 »-. Gravement, résonnant et vibrante toute sa caisse de bois, la grande pendule à balancier, dont Catherine remonte chaque semaine les poids, égrène douze coups. Minuit, et Catherine Cazarres ne dort toujours pas… Mais comment s’assoupir lorsqu’une angoisse, sournoise comme un aspic lové au pied d’une callune, vous saute au ❤️ au moment où le corps, épuisé de fatigue, se détend enfin, juste avant de sombrer dans le repos ? Comment s’endormir lorsqu’une oppressante et insidieuse intuition vous assaille, vous agresse et contraint votre esprit à ressasser cette crainte diffuse qui vous ronge et chasse le sommeil ?

Projet Viens chez moi j’habite chez une copine, la Fermette

Pourtant, dans quelques heures, il faudra que Catherine saute au bas du lit, qu’elle ranime le 🔥, qu’elle réveille et prépare les enfants pour l’école. Ensuite, qu’elle rejoigne sa belle-mère à l’étable, pour l’aider à faire téter les deux veaux, à traire et soigner les quatre 🐄, à nourrir les deux 🐷 et les six brebis. -. Six heures, je serai debout dans six heures, il faut que je dorme-. Le première classe Jean Cazarres, du 18eme de ligne, fut fauché par une rafale de mitrailleuse, au matin du mille cent soixante-dixième jour de guerre, à 08h 35. » Claude Michelet (Histoires des paysans de France)

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