Laper la soupe, ou courir au lièvre ?

 »-. Qui verrait les Vénitiens, cette poignée de gens vivant si librement que le plus mauvais d’entre eux ne voudrait pas être le roi de tous, nés et élevés de telle sorte qu’ils ne connaissent d’autre ambition que d’être du meilleur conseil, et de veiller le plus soigneusement à favoriser la liberté, éduqués et formés dès le berceau, de telle sorte qu’ils refuseraient toutes les félicités terrestres s’ils devaient perdre la moindre part d’indépendance. Qui aura vu, dis-je, ces personnages-là, et se rendra ensuite sur les terres du Grand Seigneur… Croirait-il que les uns et les autres soient de la même nature, ou plutôt, ne jugerait-il pas que, sortant d’une cité d’hommes, il est entré dans un parc à bêtes ?

Projet 🎏 d’avril, court-bouillon de 🐟

On dit que Lycurgue, celui qui fit les lois de Sparte, avait élevé deux 🐕, tous deux frères. Et allaités au même lait, l’un engraissé dans la cuisine, l’autre habitué dans les champs au son de la trompe et du cor de chasse. Afin de montrer au peuple lacédémonien que les hommes sont tels que l’éducation les a faits, il mit les deux 🐶 en plein marché avec, entre eux, une soupe et un lièvre. L’un courut au plat, et l’autre au lièvre. -. Néanmoins, ils son frères !-. Donc, celui-là, avec ses lois et ses règlements, éduqua et forma si bien les Lacédémoniens, que chacun d’eux aurait préféré mourir mille fois que de reconnaître un autre seigneur que le roi et la raison. » Etienne de la Boétie (Discours de la servitude volontaire)

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