Marché noir à la sauce ukrainienne

 »-. Dans la ville, la vie suivait son cours ordinaire. La foule grouillait, grondait, sur cinq places de marché. Deux tendances dominaient, l’une consistait à écorcher l’acheteur, l’autre à acheter au plus bas prix. Des filous de tout poil opéraient là, mettant en oeuvre toutes leurs forces et capacités. Tels des pucerons rôdaient des centaines d’individus aux mouvements prestes, aux yeux où l’on pouvait tout lire, excepté la probité. Là, comme sur un tas de fumier, se rassemblait la lie de la ville, dans le seul but de rouler un client. Les rares trains crachaient de leurs flancs des foules d’hommes chargés de sacs de nourriture. Tout ce monde se dirigeait vers les marchés.

Projet 🎏 d’avril, la boîte de sardines

Le soir, les marchés étaient déserts, les ruelles commerçantes, les sombres rangées de boutiques semblaient abandonnées. Rares sont les hommes hardis qui se risquent la 🌃 dans ce quartier mort où, derrière chaque échoppe, se tient tapie une menace muette. Dans la ville, la tempête mûrissait. Beaucoup de ceux qui y pénétraient de tous côtés, un fusil mal caché sous un sarrau de paysan, savaient qu’elle était proche. Le savaient également ceux qui, sous l’aspect de spéculateurs de denrées, arrivaient sur les toits des wagons et, au lieu de se rendre au marché, portaient leurs sacs à des adresses qu’ils tenaient consignées dans leur mémoire. » Nikolaï Ostroviski (Et l’acier fut trempé…)

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