Les chemins buissonniers

 »-. Au Moyen-Âge, il n’était pas rare de voir un pèlerin se détourner de son trajet le plus direct. Il allait visiter des parents ou, muni d’une lettre de recommandation, ceux d’un ami. J’ai moi-même été de ces pélerins-là. À plusieurs siècles de distance, rien ne semble changé. Pourtant, le charme d’antan n’y est plus. Le voyageur d’autrefois était porteur de nouvelles, et chacun restait suspendu à ses lèvres. De nos jours, la rapidité du courrier et le téléphone ont à jamais englouti cette nécessité séculaire.

60x60cm  »Labyrinthesque », galerie Chemins de spiritualité

Mais le danger d’abandonner reste constant, à prendre parfois un peu de bon temps. J’en mesure la réalité après cinq mois de vadrouille. Chaque matin, plier le campement, soigner la bête, charger, marcher, penser à l’approvisionnement, chercher un coin où bivouaquer. Décharger, mettre l’animal au piquet puis monter la tente… Ces gestes sans cesse répétés peuvent générer leur propre gangrène, et le moral chemine sur le fil du rasoir… » Guy Duffroy (Voyage avec mon âne sur les chemins de Compostelle)

2 réflexions sur “Les chemins buissonniers

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