L’idéal poétique

 ». Prêtres, placez vos autels, élevez vos édifices au fond des forêts. Que les plaintes de vos victimes percent les ténèbres. Que vos scènes mystérieuses, thésurgiques, sanglantes, ne soient éclairées que de la lueur funeste des torches. La clarté est bonne pour convaincre, elle ne vaut rien pour émouvoir. La clarté, de quelque manière qu’on l’entende, nuit à l’enthousiasme.

50x50cm  » Promenade forestière », galerie La vie rêvée des 🌲

Poètes, parlez sans cesse d’éternité, d’infini, d’immensité, du temps, de l’espace, de la divinité, des tombeaux, des mânes, des enfers, d’un ciel obscur, des mers profondes, des forêts obscures, du tonnerre, des éclairs qui déchirent la 🌃. Soyez ténébreux. Les grands bruits ouïs au loin, la chute des eaux qu’on entend sans les voir, le silence, la solitude, le désert, les ruines, les cavernes, le bruit des 🥁 voilés, les coups de baguettes séparés par des intervalles, les coups d’une cloche interrompue et qui se font attendre. Le cri des 🐦 nocturnes, celui des bêtes féroces en hiver, pendant la 🌃, surtout s’il se mêle au murmure des vents, toute plainte qui cesse et qui reprend avec éclat et qui finit en s’éteignant. Il y a, dans toutes ces choses, je ne sais quoi de terrible, de grand, d’obscur. » Joseph Vernet, Salon de peinture, 1767

Une réflexion sur “L’idéal poétique

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