Effluves de geôle

 »-. La prison, c’est d’abord une odeur. Quelque chose d’invraisemblable pour les olfactifs délicats. Un mélange de rat crevé, pisse de 🐈, moisissure, merdes diverses, pieds douteux, gaz d’éclairage en fuite, mégots froids. Et puis la soupe aux choux sûrie quotidienne. Pour lier l’ensemble, le crésyl désinfectant de l’Administration. Il vous traque, ce parfum indéfinissable, faut se débarrasser vite de ses fringues pour le chasser, une fois que l’on a enfin en poche le bulletin de sortie.

Projet 🎏 d’avril, le 🐟 en cage de fer

Le moindre relent d’une senteur pareille vous attire la flicaille, fait dégueuler les passagers sur la plateforme de l’autobus. Pendant des mois, des années, il faut le respirer, le doux parfum. On n’arrive jamais à s’y habituer. On ouvre la fenêtre, on passe le 👃 à travers les barreaux, on aspire profondément. La liberté est à vingt mètres. Elle se marre, la garce, avec ses belles mômes, ses autos étincelantes, son bon purin dans nos campagnes, et ses dix mille 🐦 gazouilleurs. On regarde les ☁️ qui s’étirent, le ☀️ qui descend lentement. On prend une lampée d’avenir, et après il faut bien s’arracher, se remettre à tourner comme la panthère noire du zoo, se replonger dans le caca du châtiment. » Alphonse Boudard (La 🍒)

Une réflexion sur “Effluves de geôle

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