Les vilains secrets de famille

 »-. Que venais-je faire là-dedans ? Personne, mieux que moi, ne pouvait se faire l’accusateur public des Boussardel, pris en corps. Personne mieux que moi ne pouvait dénoncer ce dont ils étaient capables quand l’intérêt les inspirait. Je n’avais qu’à raconter mon conflit avec eux, dire ce qu’ils avaient accompli par esprit de lucre contre trois des leurs. Jusqu’à plein succès et sans que la considération du nom en souffrit. Quand, après mon aventure en Californie, enceinte de celui qui devait être Renaud, j’avais accepté que Xavier, mon cousin et mon confident, m’épousât, les parents, qui en secret le savaient stérile des suites d’une tuberculose génitale, nous l’avaient caché. Parce que ce mariage, entre les deux incasables de la famille arrangeait leurs affaires.

Projet nativité

À l’annonce inattendue de ma grossesse, on avait révélé sa tare à mon mari, pour écarter l’enfant indu. Hypersensible, Xavier en avait subi un tel choc qu’il était tombé, accidentellement ou non, par la fenêtre. Il en était mort. Des années plus tard, une vieille parente, avant de mourir, cependant au courant de tout, ayant fait de Renault fils de Xavier précisait-elle, son légataire universel, ma mère avait obtenu contre mon fils un désaveu de paternité qui le déshéritait. Voilà la belle histoire que je pouvais réciter devant les juges, qu’on me demandait de réciter. » Philippe Hériat (Le temps d’aimer)

Une réflexion sur “Les vilains secrets de famille

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s